Inhuldiging van een nieuw ultramodern klinisch laboratorium van GSK in Rixensart
*** Deze toespraak is uitgesproken op 9 juni 2026. Enkel het gesproken woord telt.***
Mesdames et Messieurs,
Je viens d’avoir l’honneur de bénéficier d’une visite exclusive de ce tout nouveau laboratoire clinique.
C’est ici que trois cents chercheurs d’exception développeront les vaccins de demain.
J’ai hoché la tête poliment comme si je comprenais parfaitement ce qui m’était expliqué.
Mais je dois bien reconnaître que j’étais sans aucun doute la personne la moins qualifiée de tout le bâtiment.
Même si, au fil des années passées dans le quartier de la rue de la Loi, j’ai tout de même développé une certaine expertise concernant les études minutieuses, interminables et sans aucune garantie de résultat.
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Ce nouveau centre de recherche constitue une étape majeure pour GSK et pour Rixensart, une nouvelle page d’une histoire remarquable.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, deux jeunes chercheurs et amis fondèrent ici une petite entreprise destinée à produire de la pénicilline : Recherche et Industrie Thérapeutique, ou « R.I.T. ».
Leurs noms étaient Pieter De Somer et Christian de Duve.
Le premier allait ensuite fonder l’Institut Rega et devenir recteur de l’université néerlandophone de Louvain.
Le second serait récompensé par le Prix Nobel de médecine.
Dans les années cinquante, Pieter De Somer décida de délaisser les antibiotiques pour se consacrer aux vaccins.
Il comprit très tôt le potentiel du vaccin révolutionnaire contre la poliomyélite mis au point par le virologue américain Jonas Salk.
La poliomyélite était une maladie terrible.
Elle provoquait des paralysies chez les enfants.
Le poumon d’acier auquel étaient reliées les victimes constituait un véritable cauchemar.
Le vaccin de Salk, dont l’inventeur choisit de ne pas breveter la découverte mais de la mettre à disposition de l’humanité, pouvait éradiquer cette maladie.
C’est ainsi que le R.I.T. commença à produire des vaccins contre la poliomyélite.
Pour cultiver les agents biologiques nécessaires à leur fabrication, Pieter De Somer allait chercher du sang de veau dans les abattoirs de la région.
Grâce à cette ambition médicale, la Belgique fut l’un des premiers pays européens à disposer d’une production robuste de vaccin antipolio.
Comme la plupart des victimes avaient moins de cinq ans, le nombre de cas fut presque ramené à zéro en quelques années.
Au fil du temps, le R.I.T. allait devenir ce qui est aujourd’hui GSK.
Ce site exceptionnel symbolise donc la coopération étroite entre l’industrie biopharmaceutique et les institutions académiques.
Une coopération qui se poursuit aujourd’hui encore, notamment avec le centre de recherche Vaccinopolis du professeur Pierre Van Damme.
Ce site symbolise également les profondes racines de la recherche médicale de pointe dans le Brabant wallon.
Et les progrès extraordinaires que nous lui devons.
Voilà l’histoire de Rixensart.
Mais en réalité, cette histoire commence bien plus tôt.
Elle commence avec une jeune fille exceptionnelle.
Elle s’appelait Blossom.
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Mesdames et Messieurs,
Blossom menait une vie paisible dans la vallée de la Severn, dans les Midlands occidentaux de Grande-Bretagne.
Elle vivait à la fin du 18ème siècle.
L’Europe était alors en pleine tourmente.
Les révolutions et les guerres occupaient tous les esprits.
Mais Blossom ne s’en souciait guère.
Car Blossom était une vache.
Et elle était malade.
Elle avait la vaccine.
Sarah, la laitière qui s’occupait d’elle, tomba, elle aussi, malade.
Elle consulta un médecin du voisinage : Edward Jenner.
Depuis longtemps déjà, Jenner avait remarqué que les laitières atteintes de la vaccine développaient rarement les formes graves de la variole humaine.
Or la variole était une maladie effroyable.
Jusqu’à un patient sur trois en mourait.
Et ceux qui survivaient en restaient souvent marqués ou mutilés à vie.
Jenner eut alors l’idée de prélever un échantillon d’une lésion de Sarah.
Il l’inocula dans une petite incision pratiquée sur le bras de James, le fils de huit ans de son jardinier.
Je vous recommande vivement de ne pas essayer cela chez vous.
L’enfant tomba malade lui aussi, mais sans développer de symptômes graves.
Quelques semaines plus tard, Jenner l’exposa à la variole.
L’enfant se révéla immunisé.
Cette technique d’immunisation par la vaccine fut appelée « vaccination », du latin vacca, qui signifie « vache ».
Blossom entra ainsi dans l’histoire.
Edward Jenner publia ses découvertes en 1798.
À peine deux ans plus tard, les premières grandes campagnes de vaccination étaient organisées dans les Pays-Bas méridionaux.
Dans ma propre ville d’Anvers, Jan Frans Loos fut l’un des premiers enfants à être vacciné.
Il deviendrait plus tard mon prédécesseur à la fonction de bourgmestre.
Des centres de vaccination furent rapidement créés à Ostende, Gand, Bruxelles, Liège et Verviers.
Souvent, les médecins administraient gratuitement le vaccin aux enfants les plus pauvres.
Grâce à la généralisation de la vaccination, le nombre de décès dus à la variole tomba à moins de 1 000 par an au cours de la seconde moitié du 19ème siècle.
La dernière grande épidémie survint en 1870.
En 1980, l’Assemblée mondiale de la Santé déclara officiellement la variole éradiquée.
Moins de deux siècles après la découverte de Jenner, le monde était débarrassé de ce que le médecin britannique appelait « le fléau de l’humanité ».
Et nous le devons à Blossom, dont la peau et les cornes sont aujourd’hui conservées dans plusieurs musées comme des reliques du progrès humain.
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Mesdames et Messieurs,
Chaque vaccin développé ici constitue donc un modeste hommage à cette vache britannique.
C’est une histoire qui nous invite à l’humilité.
Dans notre monde hautement technologique et développé, nous avons parfois l’impression d’avoir dompté la nature.
J'espère que personne ici ne devra, comme De Somer, aller chercher du sang de veau dans les environs.
Mais nous dépendons toujours autant de la nature qu’à l’époque d’Edward Jenner pour rendre possibles les progrès médicaux.
La variole a disparu.
La poliomyélite est presque éradiquée.
Mais de nombreuses maladies infectieuses continuent d’exiger des campagnes de vaccination ou mobilisent la recherche dans une quête incessante de nouveaux vaccins.
Je pense au vaccin contre le VRS de GSK destiné à nos personnes âgées.
Ou encore à l’élargissement du remboursement du vaccin contre le HPV que nous avons décidé au début de ce mois — même s’il s’agit, je l’admets, d’un vaccin produit par un concurrent bien connu.
Je pense également à la lutte contre le paludisme, pour laquelle le premier vaccin a été développé ici même à Rixensart.
Et je pense enfin à Ebola, contre lequel la recherche progresse constamment.
Pour la souche Bundibugyo, qui circule actuellement dans l’est du Congo et en Ouganda, aucun vaccin n’est malheureusement encore en vue.
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La liste des défis reste donc particulièrement longue.
Mais les réalisations sont tout aussi impressionnantes.
Les études montrent que les campagnes de vaccination menées à travers le monde ont sauvé pas moins de 154 millions de vies au cours des cinquante dernières années.
Pour chaque décès prématuré évité grâce à un vaccin, ce sont en moyenne soixante-six années de vie en bonne santé qui ont été gagnées.
Car les vaccins font surtout la différence chez les plus jeunes.
95 % des vies sauvées sont celles d’enfants de moins de cinq ans.
Je parle depuis une dizaine de minutes.
Cela représente cinquante enfants.
Cinquante jeunes vies.
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Ces chiffres montrent également pourquoi une recherche comme celle-ci n’est plus seulement une mission scientifique.
C’est aussi une mission stratégique.
Dans un monde où la santé, la technologie et la puissance économique sont de plus en plus étroitement liées, ceux qui développent les vaccins de demain contribuent directement à la résilience de notre société.
La pandémie de Covid nous l’a rappelé avec force.
C’est pourquoi des investissements comme celui-ci ne sont pas seulement importants pour Rixensart, pour le Brabant wallon ou pour la Belgique.
Ils sont indispensables à l’Europe.
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Je voudrais dès lors m’adresser à toutes celles et tous ceux qui travaillent ici, des chercheurs aux collaborateurs logistiques.
Votre quotidien se déroule entre pipettes, protocoles, analyses de données et lignes de production aseptiques.
Mais chaque enfant qui grandit en bonne santé doit une part de son avenir au travail accompli ici.
Chaque enfant qui grandit sans connaître la poliomyélite, le paludisme ou tant d’autres maladies emporte avec lui une petite part de Rixensart.
Et il existe peu d’idéaux plus nobles, plus beaux, auxquels consacrer sa vie.
Vous rendez possible le passage de la simple survie à une véritable vie.
Et pour cela, en tant que Premier ministre, je vous suis profondément reconnaissant.
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Mesdames et Messieurs,
Si je puis ajouter un souhait personnel à cette histoire de triomphes médicaux, j’espère que quelqu’un, quelque part dans ce laboratoire, travaille également sur un vaccin contre la myopie politique.
Je connais déjà quelques volontaires pour les essais cliniques.
Je suis bien conscient que même la science a ses limites.
Mais si un tel vaccin voyait un jour le jour, je prédis une demande mondiale que même GSK aurait du mal à satisfaire.
Je vous remercie.