Rede- Nuclear Energy Summit Paris
***Diese Rede wurde am 10. März in Paris gehalten. Es zählt ausschließlich das gesprochene Wort.***
Monsieur le Président,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs,
L’Europe a été brutalement réveillée dans un monde qui a fondamentalement changé.
Pendant longtemps, nous avons pu compter sur des partenariats stables, fondés sur le respect du droit international et du libre-échange.
Cela garantissait des conditions de concurrence équitables, des alliances solides et des chaînes d’approvisionnement prévisibles.
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Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une réalité à laquelle nous n’étions pas préparés.
Nous apprenons que la paix, la liberté et le libre-échange ne vont plus de soi.
Les dépendances stratégiques sont de plus en plus utilisées comme instruments géopolitiques.
Et même des relations que nous avons considérées pendant des décennies comme des alliances fiables exigent aujourd’hui une réévaluation lucide.
Dans un tel monde, l’Europe doit réapprendre à penser en termes d’autonomie stratégique.
L’Europe ne doit pas se laisser tenter de reproduire les erreurs des autres. L’autonomie stratégique ne doit pas signifier que nous devons tout faire nous-mêmes.
Mais nous devons nous rendre indispensables et rechercher des partenariats solides pour nous soutenir dans cette démarche.
C’est la condition de notre résilience, de notre prospérité et de notre sécurité.
L’énergie est au cœur de cet enjeu.
Pour la Belgique, l’objectif est clair : un mix énergétique qui garantisse la sécurité d’approvisionnement, qui reste abordable pour les citoyens et les entreprises, et qui soit durable sur l’ensemble de son cycle de vie.
La diversification des sources d’énergie est essentielle. Et au sein de ce mix, l’énergie nucléaire joue un rôle indispensable.
L’énergie nucléaire offre une capacité de base stable et neutre en carbone sur une surface très limitée.
Le scientifique britannique James Lovelock, pionnier de l’hypothèse Gaïa et l’un des premiers penseurs à avoir placé la question climatique à l’agenda, avertissait déjà il y a plus de vingt ans que le réchauffement progressait si rapidement qu’un recours massif à l’énergie nucléaire serait nécessaire pour stabiliser le climat.
Dans un pays densément peuplé et fortement industrialisé comme le nôtre, l’énergie nucléaire offre en outre un avantage stratégique.
Celui qui veut préserver son industrie, maintenir une électricité à prix abordable et prendre au sérieux ses objectifs climatiques peut difficilement se permettre d’ignorer cette technologie.
Malheureusement, nous avons accumulé un sérieux retard.
En Europe, nous avons trop longtemps mené un débat idéologique sur l’énergie nucléaire.
En Belgique, nous en ressentons aujourd’hui encore les conséquences de manière très concrète.
Des années de démantèlement progressif sans alternative robuste ont réduit notre marge de manœuvre et accru nos dépendances.
En 2003, le climatologue belge André Berger qualifiait la sortie du nucléaire de plus grande erreur de mon prédécesseur.
Depuis lors, nous sommes revenu sur ce choix désastreux et erroné. Mais nous devons encore procéder à un ajustement important pour corriger cet héritage néfaste du passé.
La Belgique n’est certainement pas la seule en Europe dans cette situation.
La production d’énergie nucléaire en Europe a chuté de pas moins de 25 % en 25 ans. Aux États-Unis, elle a entre-temps encore légèrement progressé de 4 %. Mais en Chine, elle a augmenté de 2 500 %.
Les conséquences sont désastreuses.
Non seulement pour nos objectifs de durabilité, mais aussi pour le coût de l’énergie pour les ménages et les entreprises et pour l’électrification massive dont nous avons besoin pour soutenir la révolution technologique.
C’est pourquoi le gouvernement fédéral belge a décidé de redonner à l’énergie nucléaire une place structurelle dans notre futur mix énergétique.
À court terme, cela signifie prolonger au maximum et en toute sécurité les capacités existantes.
À moyen et long terme, nous construisons de nouvelles capacités nucléaires, à la fois au moyen de réacteurs de grande taille et grâce à des technologies innovantes.
Si l’Europe veut réellement construire son autonomie stratégique, nous devons investir dans les petits réacteurs modulaires.
Leur modularité et leur flexibilité les rendent particulièrement adaptés à une Europe industrielle.
Ces réacteurs peuvent non seulement produire de l’électricité, mais aussi fournir de la chaleur industrielle de haute qualité.
Ils deviennent ainsi non seulement une source d’énergie, mais aussi un levier de transformation industrielle et de compétitivité.
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Mesdames et Messieurs,
La transition énergétique ne réussira que si elle se fait de manière réaliste.
Elle ne sera soutenue par la société que si elle garde un caractère abordable.
Et elle ne sera géopolitiquement viable que si elle réduit nos dépendances au lieu de les accroître.
La diversité des sources d’énergie reste essentielle. Mais soyons clairs : sans énergie nucléaire, la voie vers un approvisionnement énergétique européen bas carbone, fiable et stratégiquement autonome deviendra particulièrement difficile.
Je tiens donc à vivement remercier président Macron d’avoir organisé cette réunion.
La France trace la voie vers notre avenir nucléaire sûr, fiable, durable et abordable.
J’entends également pleinement suivre cette direction.
Je vous remercie.